Mission

LE CONTEXTE

En ce début du 21ième siècle, les experts et les planificateurs de santé publique dont ceux de l’Organisation Mondiale de la Santé expriment de sérieuses inquiétudes concernant l’importance de l’évolution des problèmes de santé mentale chez les populations de l’ensemble des pays industrialisés. Selon leurs prévisions, d’ici une vingtaine d’années, les problèmes de santé résultant de difficultés psychiques et psychologiques deviendront, devant le cancer et les maladies cardiovasculaires, la première cause de morbidité dans nos sociétés.

L’Organisation Mondiale de la Santé précise de plus que les problèmes de santé mentale dans le monde constituent déjà 12% de la charge de morbidité globale chez les personnes de 15 à 44 ans et qu’actuellement 50% des consultations médicales sont associées à cette problématique. Pour sa part, il y a déjà quelques années, le Bureau International du Travail attirait notre attention sur le fait que la problématique de la santé mentale touche plus de personnes et entraîne un plus grand gaspillage de ressources humaines que toute autre forme d’incapacité dans le monde. En ce sens, une enquête menée au Royaume-Uni démontrait récemment que près de 40% des journées de travail perdues pour cause de santé, sont attribuables à des absences reliées à des problèmes de détresse psychologique et de santé mentale.

Plus près de nous, la Direction de la Santé publique de Montréal-Centre, dans son rapport annuel de 2001, soulignait qu’environ 18% des résidents de l’Île de Montréal vivent un niveau de détresse psychologique élevé et des problèmes de santé mentale qui risquent de les contraindre à l’inactivité économique et à l’exclusion sociale. Dans le même sens, les données statistiques gouvernementales corroborent que les journées d’absence au travail en raison de problèmes reliés à la santé mentale ont triplé au cours de la dernière décennie.

La Commission de la Santé et de la Sécurité au Travail constate pour sa part, qu’au cours de la même période les indemnisations reliées à la santé mentale ont bondi de 1.5 millions à 5 millions de dollars par année. Les compagnies d’assurances de personnes confirment quant à elles, que les problèmes de santé mentale représentent depuis quelques années une cause majeure des prestations d’invalidité versées à long terme et que dans certains secteurs d’emploi, les réclamations reliées à cette problématique représentent 45% de l’ensemble des demandes.

Parmi différents facteurs mis en cause dans la montée inquiétante de cette problématique, les experts ciblent les changements fondamentaux que nos sociétés ont connus au cours des dernières décennies: réorganisation de la famille, des réseaux communautaires et identitaires, bouleversement des institutions civiles et de la gouverne morale, affaiblissement des liens de solidarité, montée de l’individualisme, de l’exclusion et de l’anomie sociale. Ils soulignent aussi l’apport des nouvelles organisations du travail influencées par le rehaussement de la concurrence et de l’efficience amenés par la conquête et le développement de nouveaux marchés économiques: spirale ascendante des exigences de productivité, de performance et de compétitivité, structuration et fragmentation des tâches, des processus et des procédés, précarisation de l’emploi devenu atypique, rationalisation des coûts, des ressources matérielles et des ressources humaines.

Dans cette nouvelle donne sociale où les rapports humains ont tendance à devenir plus fragiles, plus ambigus et moins solidaires et où l’empreinte identitaire s’amenuise, notre rapport au travail devient conséquemment de plus en plus capital. Le travail joue aujourd’hui, et peut-être plus que jamais auparavant, un rôle primordial sur l’amélioration ou la détérioration de notre bien-être et de notre santé.

Selon l’opinion de plusieurs experts, le travail procure aux individus un lien d’appartenance à la société et un sentiment de pouvoir y apporter une contribution utile. Le travail est un moyen de créer des liens, d’obtenir valorisation et respect. Le travail donne accès à la viabilité économique, à la consommation et à l’autonomie. Il favorise l’accès à l’exercice de la citoyenneté. Il permet de s’accomplir en créant des occasions de se mesurer à des défis et d’entretenir des idéaux personnels et collectifs. Il contribue à consolider la confiance et l’estime de soi. Certains spécialistes iront jusqu’à affirmer que le travail permet de transcender les problèmes existentiels de l’être humain et qu’aucune autre activité n’a un sens psychologique, social et matériel aussi complexe et aussi riche.

Par ailleurs, le travail peut nous mettre en contact avec de multiples déterminants de la santé et du bien-être et il peut aussi, nous en tenir à l’écart et nous en éloigner. Autant, dans certaines circonstances, le travail peut contribuer à alimenter notre plaisir et à entretenir notre bonheur, autant dans d’autres, il peut nous infliger de la souffrance, nous placer en rupture des réseaux nourrissant notre valeur, notre confiance et notre estime, nous pousser progressivement vers la détresse et nous enlever notre raison d’être et de vivre.

Dans ce contexte, la Fondation travail et santé mentale met en œuvre des moyens afin de favoriser la prévention des problèmes de santé mentale émergeant des nouvelles dynamiques sociales issues des milieux de vie et particulièrement, des milieux de travail. La Fondation travail et santé mentale agit de façon à promouvoir des interventions favorables à la consolidation du bien-être et au renforcement de la santé mentale des personnes évoluant dans le monde du travail et de celles entraînées dans des processus d’exclusion sociale et économique.

 

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